# 2 — Victoire Satto — Cofondatrice de Thegoodgoods — Créer un média pour avoir de l'impact

 

 

Ce qui frappe d’abord chez Victoire quand on l’écoute, c’est sa fureur de vivre, sa force de travail, sa curiosité sans fin, sa soif gargantuesque d’apprendre, d’embrasser à fond tous les sujets qui l’intéressent, qu’il s’agisse de sociologie, d’art, d’écriture ou de mode. On se demande comment une jeune femme de 31 ans peut avoir déjà fait autant de choses. D’ailleurs, cet épisode, on aurait aussi bien pu l’appeler les Mille et Une Vies de Victoire Satto !

 

 

Pendant près d’une heure et demie, on suit les pérégrinations de Victoire, le long cheminement intérieur qui l’a mené d’une première carrière de radiologue interventionnelle — métier qu’elle a exercé pendant 11 ans, qu’elle a aimé, mais dans lequel elle sentait une part d’elle « se flétrir » — à celle de co-fondatrice avec son frère de Thegoodgoods, un média digital indépendant sur la mode éthique au sens large, dédié aux questions de transition environnementale de l’industrie de la mode. Un métier qu’elle a créé sur-mesure pour elle-même, qui réunit tout ce qu’elle aime et qui répond à sa quête de sens et d’engagement. 

 

« À travers Thegoodgoods, j’ai l’impression d’impacter en amont et d’impacter plus largement. C’est probablement la raison pour laquelle je fais ça : une capacité à twister les mentalités, twister la grisaille du quotidien, et aider les gens à s’exprimer à travers la mode, aider les gens à vivre plus en conscience et plus en empathie, en harmonie avec leur environnement et leurs prochains. C’est un peu idéaliste et un peu gnangnan comme discours, mais la raison profonde c’est celle-là. »

 

Avec Victoire, on revient sur les événements fondateurs de sa transition, et notamment sur son déclic en 2016. À cette époque, en parallèle de tout le reste, elle écrit pour un nouveau magazine en ligne, Womanspecter. On lui demande de rédiger un dossier sur l’impact environnemental et humain de l’industrie vestimentaire. Elle va mener un vrai travail d’investigation en compulsant des sources variées : des revues scientifiques comme Science, Nature et The Lancet, des médias grand public comme Le Monde ou plus ciblés pour rédiger au final un dossier de 20 pages un peu à la façon d’une thèse scientifique. Ce qu’elle découvre au cours de ses recherches la bouleverse, en particulier l’exploitation humaine et la pollution des milieux aquatiques : « Je prends une méga baffe, je me dis que c’est absolument dramatique, mais ce qu’il y a de pire, c’est qu’il n’y a aucune plateforme qui en parle de façon digeste. »

  

« Les informations elles existent, les solutions pour produire mieux elles existent, pour consommer mieux aussi, mais personne ne sait, soit parce que les informations ne sont pas prêtes à l’emploi, soit parce que les gens n’ont pas la curiosité ou même l’idée d’aller les chercher. »

 

Womanspecter périclite. Victoire cogite. Pour mûrir sa réflexion, elle part seule en voyage pendant 4 mois. Elle traverse la Russie en Transsibérien, puis poursuit en train en Mongolie, en Chine, en Indonésie. Un voyage slow et initiatique durant lequel elle réfléchit à structurer un média. Thegoodgoods est en train de naître dans sa tête. Elle ne sait pas encore comment, mais elle veut parler de mode éthique, écrire et informer sur tous ces sujets, mais aussi se mettre au service des marques, les accompagner dans le changement. À son retour, son frère Thibault lui propose d’en faire un projet concret, ils s’associent et créent une société. 

 

« Pourquoi j’ai choisi de bosser avec l’industrie de la mode en général et pas seulement avec les marques de mode éco-responsables ? C’est parce que les grosont du pouvoir, ce sont eux qui peuvent faire changer les choses d’un point de vue environnemental et sociétal, et c’est à eux étant donné leur force de frappe financière, en termes d’influence, de prendre ces responsabilités. »

 

Aujourd’hui, 2 ans et demi après ans après, Thegoodgoods se veut une alternative aux médias traditionnels. Son rôle : faire en sorte que les gens prennent conscience des choses aberrantes qui jalonnent leur quotidien, en faisant de la pédagogie et en traitant des sujets de fond de manière fun et digeste. Allez voir son Instagram, c’est canon ! Mais son rôle, c’est aussi d’accompagner les marques dans leur transition et leur communication auprès des consommateurs. Au final, la mission de Thegoodgoods est de simplifier pour tout le monde les informations et les diffuser le plus largement possible. Une mission d’évangélisation en quelque sorte ! Pour une industrie de la mode toujours plus transparente et vertueuse.

 

« Je pense qu’on va arriver à une forme d’équilibre entre un modèle linéaire et des modèles circulaires qui vont peut-être eux-mêmes se raisonner — la frénésie de Vinted qui n’est pas nécessairement une bonne chose. Je l’espère aussi qu’on va arriver à produire moins, à la fois parce qu’on va changer ces problématiques de coûts sur les volumes de prod, mais aussi parce que les gens vont consommer moins et apprendre à consommer plus cher, apprendre à remettre de l’amour dans leurs vêtements, du sens, apprendre à les réparer aussi […] On arrive à une forme d’apaisement de cette frénésie de consommation. »

 

Enfin, ce qui nous a marqué chez Victoire, comme précédemment chez Cécile Fricker-Lehanneur dans l’épisode 1, c’est ce sentiment qu’elle a et qui l’anime d’être redevable, d’avoir conscience d’être bien née et de se sentir la responsabilité d’agir en échange, en mettant son intelligence et sa créativité au service des autres et d’un monde meilleur. Voilà qui nous laisse plein d’espoir et d’optimisme pour la suite !

 

« Je pense que ça fait partie des responsabilités des gens qui ont un certain niveau, un bagage culturel, la chance comme moi d’être nés « Le cul dans le beurre » avec une éducation, une famille aimante, des moyens de hausser le ton. »

 

 Ce que vous découvrirez aussi dans cet épisode : 

  • Le modèle économique de Thegoodgoods
  • La façon dont Thegoodgoods accompagne les marques dans leur communication et leur transition
  • Les outils et les grands principes qui régentent l’organisation millimétrée de Victoire
  • Comment transformer une info très complexe en quelque chose d’amusant à lire et regarder
  • Les solutions pour une mode éco-responsable
  • Pourquoi la mode est si importante selon Victoire
  • Sa vision « optimiste » de la mode de demain et le futur de Thegoodgoods
  • Comment Victoire nourrit sa créativité et les initiatives qui l’inspirent

     

    Un épisode revigorant où on parle tout autant de mode, de bonheur, d’empathie et de croquettes pour chiens !

     

     

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