Le Made in France et RÉUNI

Les tissus de RÉUNI chez notre confectionneur DPL production à Châtillon-sur-Indre dans la région Centre-Val de Loire

Le Made in France et RÉUNI

Vous êtes très nombreuses et nombreux à nous demander pourquoi les vêtements RÉUNI ne sont pas labellisés Made in France. 

Vous nous demandez aussi fréquemment si nous avons l’intention un jour de faire fabriquer nos pièces par ici, surtout que nous sommes les premiers à prôner une mode plus qualitative, slow et respectueuse des hommes et de l’environnement. 

Souvent synonyme de qualité et de savoir-faire, de respect du droit social et de circuit court, le « made in France » connaît actuellement un engouement évident et constitue un véritable argument d’achat, puisque 75% des français se déclarent prêts à payer plus cher un produit made in France, 95% souhaitent soutenir l’industrie nationale, 87% estiment qu’acheter un produit fabriqué en France contribue au respect de l’environnement.  

Avec tous ces atouts, pourquoi la plupart des marques ne feraient-elles pas produire plus en France ? Et pourquoi les vêtements RÉUNI ne sont-ils pas estampillés « made in France » ? 

Derrière ces questions se cache une réalité assez complexe que nous souhaitions vous partager. Pour cela, avant tout nous allons remonter le fil du temps et comprendre quelles ont été les péripéties du marché de la mode en France ces dernières décennies, et quelles traces durables elles ont laissé aux marques souhaitant proposer une mode différente, plus consciente.


Processus de ourdissage de la Popeline de RÉUNI chez Emanuel Lang à Hirsingue en Alsace

La Chemise en Popeline RÉUNI 


Un peu d’histoire

 

Notre pays est connu et reconnu pour la mode, pour le luxe, pour son artisanat et son savoir-faire textile. L’industrie textile française a toujours connu des hauts et des bas, mais c’est véritablement au début des années 80 avec l’avènement du prêt-à-porter et de la grande diffusion qu’elle a connu sa plus grosse fracture. 

A cette époque qui a marqué le début de l’ère de la surconsommation, les entreprises ont cherché à produire plus mais surtout à améliorer leurs marges. Et pour faire cela, il n’y avait pas beaucoup d'alternatives : prendre des matériaux de moins bonne qualité et moins chers et/ou alors trouver une main d'œuvre moins coûteuse. Elles sont donc parties en Europe de l’Est, au Maghreb, puis en Asie pour trouver leur bonheur : des coûts de production de matière et confection très bas défiants toute concurrence.


Atelier de production et de prototypage DPL production

«  Cela fait plus de 40 ans que l’industrie textile en France est en crise.  »

Suite au départ de leurs clients, les usines textiles françaises ont dû fermer ou alors pour faire survivre leur entreprise, ont été contraintes de délocaliser leurs unités de production, souvent très loin de la France. 

 

Au début des années 2000, avec l’arrivée des mastodontes de la fast fashion sur le marché, s’est développé un nouveau modèle économique reposant sur la production et la diffusion à des cadences toujours plus importantes de collections de vêtements prêts à porter, fabriquées à très bas coût dans les pays en développement et vendus à un prix tout aussi faible aux consommateurs qui ont été petit à petit habitués à payer moins pour… aussi moins de qualité. Ces géants ont vite été suivis par des marques plus haut de gamme, et c’est finalement quasiment tout le secteur qui a adopté ce modèle.

La suite, vous la connaissez, le phénomène s’est accéléré et la crise de l’industrie textile française s’est ancrée. Ainsi, cela fait plus de 40 ans que l’industrie textile en France est en crise. 

Photo de la campagne du Tee-shirt RÉUNI Édition No.1 

Confection du Tee-shirt RÉUNI chez Expôtextil dans la région de Porto au Portugal 

En France, entre 1986 et 2004, le secteur textile a perdu plus de 2/3 de ses effectifs. 


Prenons l’histoire de P., un entrepreneur dans l’industrie du textile et de la confection : P. a grandi dans le Berry, région spécialisée dans la chemise (tissu et confection). Enfant, il y avait une entreprise textile dans chaque village et son père avait une bonneterie. Puis, P. a décidé de monter son atelier de confection dans le village d’à côté. Malheureusement, les années 80 sont arrivées : il a vu fermer une à une toutes les usines de chaque village, l’usine de son père a fermé aussi. Lui, a décidé de garder une petite unité de production en France et a décidé de monter son usine en Tunisie. Puis il a fait faillite, il a remonté son affaire, a fermé l’usine de Tunisie, rapatrié les machines en France, re-fermé et a dû recommencer… L’histoire de P. est très commune chez les entrepreneurs du textile. 

Et aujourd’hui ? 

 

Heureusement, et sûrement grâce à l’engouement suscité par le Made in France, le secteur connaît un léger rebond : en 2017 et pour la première fois depuis 40 ans, l’Union des Industries Textiles relève une augmentation des effectifs de 3,6% (2000 emplois).

 

Aujourd’hui concrètement, que reste-t-il en France ? (sources datées de 2017)

Ici, ces chiffres montrent le nombre d’entreprises enregistrées en France et le nombre de salariés par catégorie. Ils prennent en compte toutes les entreprises de l’industrie du textile et englobent donc la confection et la fabrication de fils et tissus à destination de l’habillement, de la décoration, de l’automobile, de l’agriculture, de la santé, du bâtiment…

 

- Chaussure : 301 entreprises et 7161 salariés 

- Couture : 210 entreprises et 6990 salariés 

- Tannerie-mégisserie : 133 entreprises et 2139 salariés

- Maroquinerie : 511 entreprises et 24480 salariés

- Textile : 2234 entreprises et 60874 salariés

Photo de la campagne de la Petite Jupe RÉUNI Édition No.1

Préparation du prototype de la Petite Jupe RÉUNI chez DPL production

Vous l’aurez compris, ces chiffres englobent tous les secteurs de l’industrie du textile, mais en réalité les entreprises spécialisées dans l’habillement (textile pour l’habillement et confection de vêtements) sont très peu nombreuses. Nous avons essayé de trouver un exemple : nous avons compté dans les Pages Jaunes et les annuaires de fédérations du secteur, le nombre d’entreprises qui confectionnent de la maille (bonneterie) en France, et en regardant de près, il en reste à peine une quinzaine qui produisent pour des marques.


Pour mettre en parallèle, nous comptabilisons aujourd’hui 1741 marques d’habillement enregistrées en France. Difficile pour les 1741 marques de concentrer leur production de maille dans seulement une petite quinzaine d’ateliers qui sont les seules à détenir les savoir-faire sur le territoire… 

 

Aujourd’hui, la situation pour les marques qui veulent produire en France est la suivante: compte tenu d’une forte demande, les ateliers en France voient leurs carnets de commandes pleins et ne peuvent pas prendre de nouveaux clients. Même si cela peut décourager quand on est une marque, c’est quand même une bonne nouvelle : cela signifie que les entreprises françaises connaissent une forte activité, qu’il y a un vrai engouement et une demande réelle qui ne fait qu’augmenter. 


Assemblage du Cardigan dans notre atelier partenaire Finatex61 à Tolède en Espagne

Photo de la campagne du Cardigan RÉUNI Édition No.1 

Le made in France chez RÉUNI

 

Initialement chez RÉUNI, le Made in France constituait un critère important d’élaboration de nos vêtements. L’objectif était, pour des raisons de respect tant de l’environnement que des normes sociales, d’incorporer sur le territoire un maximum d’étapes de production et surtout de proposer des vêtements à base de tissus français. 

 

Sauf que compte tenu du petit nombre d’ateliers détenant le savoir-faire sur le territoire, nous nous sommes heurtés à plusieurs obstacles pratiques:

 

- En effet, en premier lieu, l’offre en France de tissus issus de filières éco-responsables labellisées est encore très limitée. Ainsi, techniquement il n’est pas possible à date de vous proposer un vestiaire complet fait de tissus made in France labellisés. 

 

- Par ailleurs, comme nous venons de le voir, consécutivement aux délocalisations massives que l’industrie textile a connu, l’offre étant très restreinte voire inexistante sur le territoire, cela ne laisse pas d’autre choix que de faire appel à des usines étrangères pour faire réaliser certaines étapes d’un vêtement.


- Ensuite, nous avons été confrontés à la problématique du prix de vente :

 

Vous le savez sans doute, chez RÉUNI, notre cheval de bataille est de vous proposer des pièces d’exception, les plus éco-responsables possibles à un prix accessible. Au moment de commencer notre tout premier produit, nous nous sommes lancés le défi de trouver un confectionneur en France. Nous avions alors reçu de nombreux refus de collaboration ou alors des devis exorbitants ! 

Certes, cela est normal, la main d'œuvre en France est plus chère mais compte tenu de nos objectifs de prix et à travers les questionnaires, de vos demandes de prix d’achats, cela n’était pas faisable. Nous nous sommes alors dirigés vers l’Europe proche pour nos productions et bien sûr à chaque fois, quand cela était possible, nous avons travaillé avec des partenaires français. 


Aujourd’hui, nous constatons que 75% des français se disent prêts à payer plus cher pour un produit Made In France. Alors, aussi pour savoir si nous pourrions faire du Made In France dans les conditions actuelles, nous vous proposons un petit exercice :


« Chez RÉUNI, notre cheval de bataille est de vous proposer des pièces d’exception, les plus éco-responsables possibles à un prix accessible. »

La Chemise en Popeline et le Jean RÉUNI 

La confection du Jean RÉUNI dans notre atelier de Larissa en Grèce

Prenons une chemise effectuée dans une matière naturelle certifiée et confectionnée dans un atelier qui respecte les conditions de travail :

 

- Au Portugal, on nous propose un coût de confection à 12€

- En Europe de l’Est, on nous propose un coût de confection à 19€ 

- Et enfin en France, on nous propose un coût de confection à 45€ (oui, c’est le vrai prix du Made in France ; si un produit est vendu 20€ avec marqué Made In France, méfiez-vous.) 

 

Ces prix correspondent aux prix de confection (pas aux prix de production du produit), auxquels il faut ensuite ajouter les coûts relatifs au tissu, aux étiquettes, aux boutons, la TVA, les coûts de packaging et de transport… 

- La chemise Made in Portugal serait alors vendue 90€ en précommande chez RÉUNI et 190€ dans le commerce traditionnel.

- La chemise Made in Europe de l’Est, 120€ chez RÉUNI et 250€ dans le commerce traditionnel.

- Et enfin, la chemise Made in France serait vendue 210€ chez RÉUNI et 440€ dans le commerce traditionnel.

Laboratoire de teinture chez E.Miroglio en Bulgarie

Campagne du Gros Pull d'Hiver RÉUNI Édition No.2

Ces trois obstacles cumulés ne nous ont vraiment pas rendu la tâche facile, et nous avons, à notre grand regret, dû revoir la localisation de certaines étapes de nos vêtements dans d’autres pays Européens (exclusivement en Union Européenne), tout en tentant de réaliser le plus d’étapes possibles en France. Notre chemise blanche en popeline en est un bon exemple : le coton biologique certifié GOTS a été tissé en Alsace, mais la confection a été confiée à une usine en Roumanie (elle n’a donc pas pu être estampillée « Made in France »).

 

Heureusement, grâce à l’engouement que le made in France suscite, certains savoir-faire sont ré-internalisés en France. C’est le cas par exemple de la filature du lin (transformation des fibres de lin en fil) qui était la seule étape de fabrication d’un vêtement en lin qui n’était plus réalisée sur le territoire, alors que le pays est l’un des plus gros producteur mondial de fibres de lin. 

 

La réintégration en France de ce savoir-faire a été réalisée en 2020 par l’un de nos partenaires, Emanuel Lang (la magnifique popeline de notre chemise, c’était lui) qui a rendu désormais possible une filière du lin 100% française.

 

Nous avons donc bon espoir à l’avenir que d’autres compétences et filières soient réintégrées en France, de sorte à élargir nos possibilités de fabrication au plus près.  

 

En attendant, et dans un souci de proximité et de traçabilité, nous faisons notre maximum pour rendre ces circuits les plus raccourcis possibles, tout en étant convaincus que nous pourrons encore faire mieux demain.


Et pour autant, cela n’enlève rien à la qualité du sourcing de nos matières et de la confection de nos vêtements. Nos partenaires, fournisseurs et fabricants, sont des gens sérieux, brillants et triés sur le volet. Nous les choisissons sur la base de 3 critères très importants pour nous : ils doivent bénéficier d’un savoir-faire et d’une main exceptionnels ; être dans la même démarche que nous en matière de qualité et de responsabilité sociale et environnementale ; et enfin être transparents et… sympas ! Car c’est aussi pour ça qu’on fait RÉUNI : rencontrer des gens passionnés, partager avec eux des moments de travail mais aussi de convivialité. Nous nous rendons régulièrement sur place pour les rencontrer et nous assurer personnellement que les conditions de travail sont bien respectées.


Notre vestiaire RÉUNI 

Et au fait, le made in France, qu’est-ce que c’est ?


Concrètement, un produit peut être légalement revendiqué “made-in” France dès lors que la dernière transformation substantielle ou une part importante de la valeur ajoutée du produit est réalisée dans le pays. L’appréciation de ce qu’est la transformation substantielle ou la part importante de la valeur ajoutée varie selon le produit en question et des textes applicables, et croyez-nous c’est très complexe il y a un nombre incalculable de critères en fonction de chaque produit. Cela s’apprécie donc au cas par cas et relève du casse-tête. En matière de bonneterie par exemple, les vêtements et accessoires doivent être complètement confectionnés sur le territoire pour être estampillés made in France. 



Ainsi, un jean qui a été confectionné en France à partir d’un tissu provenant d’Inde avec une fermeture éclair provenant de Chine peut revendiquer le made in France puisque la confection est considérée comme une transformation substantielle. A contrario, dans la même logique, un vêtement en tissu français confectionné au Portugal, sera estampillé made in Portugal.



Ce qui signifie en pratique, que contrairement aux idées reçues, le made in France n’exige pas toujours que l’ensemble des étapes de production d’un vêtement (matière première, filature, teinture, traitements etc.) soit effectué sur le territoire. De même, un vêtement intégrant des étapes de réalisation considérées comme non substantielles en France peut être considéré d’origine étrangère.

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