Rencontre avec Léa Bigot: formes libres et douceur de vie.


Dans la continuité de notre série de portraits de jeunes artistes installées depuis peu à Marseille, nous partons à la rencontre de Léa Bigot.

Designer graphique de formation, Léa a récemment enrichi sa pratique en s’intéressant à la sculpture. Aujourd'hui, elle en fait le cœur de sa vie d’artiste. Ses créations aux lignes courbes rappellent des formes organiques où semblent circuler une énergie. 

C’est justement de cette énergie dont elle nous parle. En quête de nature et de renouveau, elle puise son inspiration dans son cadre de vie à Marseille. Cette harmonie avec son environnement naturel la guide dans sa pratique en toute fluidité.

Pour RÉUNI, elle dévoile la genèse de ses créations, les lieux dans lesquels elle évolue et les atouts de la vie d’artiste à Marseille.

R : Peux-tu te présenter ? 

L : Je viens de l’île de la Réunion. Je suis artiste, sculpteur et designer. J’ai fait des études de graphisme à Paris où j’ai travaillé par la suite pendant dix ans. Puis, j’ai fini par déménager à Marseille il y a deux ans, ça a marqué un vrai changement dans mon travail. J’ai enfin pu avoir un véritable espace de travail et retrouver la mer, les falaises qui sont des éléments fondateurs de mon enfance. Tout ça m’a permis d’entreprendre ce que je voulais faire depuis longtemps, c’est-à-dire créer en volume.

 

R : Ce n’est pas facile de quitter la capitale. Comment as-tu eu le déclic de partir pour t’installer à Marseille ? 

L : J’ai la chance d’avoir toujours eu des clients en freelance liés à mon activité de graphiste, ce qui permet de travailler depuis n’importe quel endroit à distance. En arrivant à Paris après mon bac, j’ai su que ce n’était pas ici que j’allais vivre et m’épanouir pleinement. Je savais qu’il fallait que je retrouve le soleil et la nature un jour pour me sentir bien. 

À l'époque, je travaillais avec une très bonne amie qui s’appelle Sarah Espeute et le fait qu’on déménage au même moment à Marseille a facilité les choses . 

R : Tu travailles principalement autour de la sculpture. Comment as-tu appris à travailler ce médium ? 

L : Depuis petite j’aime faire des objets en volume. Ma mère est institutrice et elle nous faisait faire plein d’expérimentations avec mon frère et ma sœur. 

« C’est quelque chose qui a toujours été présent dans mon corps, je l’ai ressenti comme une envie intrinsèque. Très vite, c’est devenu une évidence. La liberté face à la matière nourrit ma pratique.» 

Je sculpte de manière très libre et je pense explorer d'autres matières à l’avenir.

R : Quelle matière utilises-tu pour tes sculptures et quel est le point de départ de ta création ?

L : J’utilise du grès. Le point de départ est le dessin, pour moi c’est la manière la plus naturelle que j’ai de projeter toutes mes idées qui passent aussi par l’écrit. L’énergie commence sur le carnet et se prolonge jusqu’à la matière au moment où je sculpte. 


R : Comment définirais-tu ton univers ?

L : C’est très intuitif. Ça touche au domaine de l’émotion et c’est quelque chose qui grandit et existe par soi-même.

« Je ne suis pas inspirée par des références en particulier, ce sont plutôt des éléments de la nature qui m’habitent quand je crée. C’est de l’ordre de l’énergie, du ressenti et de l’impalpable.»

R : On est dans ton nouvel espace de création, comment l’as-tu conçu ?

L : J’adore concevoir un nouvel espace, je n’ai toujours pas fini mais ça commence à prendre forme. C’est un un grand bâtiment des années 70 avec de grandes baies vitrées encerclées par des bancs, d’anciens bureaux investis par presque 300 artistes. Cet immeuble est destiné à être détruit. Alors, on est complètement libre de faire ce que l’on veut. Ça ouvre tout le champ des possibles et je trouve ça génial. Je projette de construire une cloison en plâtre et peut-être une autre en carreaux de verre.

R : Comment tu le vis de savoir que cet espace va être prochainement détruit ?

L : Je le vis très bien, cette liberté me plaît énormément. J’adore bouger, j’aime le mouvement, ce qui se voit aussi dans ma création. Ma manière de vivre est très fluide et je déteste stagner. 

 

R : Justement parlons de construction de carrière, comment imagines-tu la suite ?

L : Ça change beaucoup. Je peux passer toute une soirée à écrire sur mon futur, ce que j’aimerais créer, mes projections… Mais finalement tout se fait de manière très organique. Des fois quand je me lance dans une idée, ça n’a rien avoir avec ce que j’avais prévu à l’origine. Les gens que je rencontre influencent beaucoup mon chemin de vie.


R : Comment trouves-tu une sécurité financière en étant artiste ?

L : Je finance toujours ma pratique artistique avec mon activité de freelance graphiste. Ça me donne la liberté de faire ce que je veux. 

« Je ne fais pas de la sculpture dans le but de vendre, c’est avant tout un moyen de m’exprimer. »

R : Tu as une relation forte avec l’objet, qu’en est-il du vêtement ?

L : J’ai beaucoup de vêtements que j’accumule. Ils sont le plus souvent de seconde main mais aussi faits sur mesure. J’ai de la chance d’avoir une mère très manuelle qui m’en a confectionné pas mal. Chaque pièce me rappelle quelque chose et je m’y sens très liée, alors je ne jette rien. Des fois, j’oublie des pièces et je ne les retrouve que quelques mois plus tard. J’aime bien changer et me les réapproprier en trouvant de nouvelles combinaisons. 

R : As-tu une pièce préférée ?

L : Non, j’en ai plein. En ce moment, je porte souvent une veste en cuir kaki trouvée en friperie.

 

R : Pourquoi as-tu choisi de t’installer à Marseille ?

L : Je ne connaissais pas du tout cette ville. J’avais envie d’être dans une grande ville près de la mer et qui s’inscrit dans une effervescence artistique. J’aime beaucoup le fait qu’elle soit organique et il y a des événements dont on n’est pas toujours au courant. Tout part des associations et des initiatives citoyennes. Tu peux y faire ce que tu veux : tu crées ton métier, ton événement, ton réseau… Il y a des gens de tous horizons et de toutes les classes sociales. C’est très rafraîchissant. Je pense y rester longtemps. 

R : Comment te ressources-tu ?

L : J’ai retrouvé le contact avec la nature ici. Je suis émotive et j’ai tendance à perdre pied, donc au lieu de faire du yoga, je pars en randonnée. Rien que le fait de pouvoir regarder l’horizon à perte de vue, c’est magique. On est confronté à cette force qui nous dépasse et qui permet de se replacer en tant qu’humain dans le monde.


Ses bonnes adresses à Marseille et ses recommandations d’artistes : 
Sarah Espeute

Azur (marque)

Pierre Girardin (photographe)

Andrea Moreno (artiste) 

Galerie voiture 14

Double V Galerie

Buropolis

Restaurant Chez Fun Funk 


Pour en savoir plus sur Léa Bigot : 

Son Instagram

Son site

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