Portrait - Sarah Dubois : en quête des bijoux intemporels

Nos Bijoux - La Bague et les Boucles Créoles - Édition No.1 "Formes Pures"

Sarah en train de travailler sur les Bijoux RÉUNI

Sarah Dubois est designer d’accessoires spécialisée en bijoux et lunettes. Ses nombreuses expériences en maisons de luxe lui ont permis d’acquérir une vraie expertise et une sensibilité artistique singulière. 


C’est donc avec elle que nous avons travaillé main dans la main en quête des Bijoux RÉUNI. Que ce soit pour le design ou la qualité, nous avons cherché à créer des pièces qui durent dans le temps et adaptées à toutes les générations. Cela étant dit, difficile de faire simple pour du bijou, et pourtant Sarah nous a guidé avec précision et justesse vers ce qui nous semble être nos idéaux. Inspirés de l’art, du design et de l’art de vivre, nous avons trouvé une vision commune pour imaginer ces bijoux qui, nous l’espérons, vous plairont autant qu'à nous. 


Sarah nous livre tout le processus créatif du développement des Bijoux RÉUNI, les secrets pour réaliser un bon bijou et ses sources d’inspirations.

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RÉUNI : Peux-tu te présenter ?

Sarah Dubois : Je m’appelle Sarah Dubois, j’ai 34 ans. Je suis designer d’accessoires de bijoux et de lunettes en freelance pour différentes maisons. Ça fait une dizaine d'années que je fais ce métier. J’ai commencé avec les bijoux, puis j’ai fait des lunettes. Auparavant, j’ai fait mes études au Studio Berçot comme Alice et Adrien. Nous nous sommes rencontrés par le biais d’une amie (coucou Lily 😘) en commun au moment où Adrien a voulu étudier au Studio Berçot pour en discuter.

Sarah dans sa collection de livres d'art et de bijoux 

Un des livres préférés de Sarah "Bijoux d'Artistes" 

R : Parle-nous de tes expériences, par quelles maisons es-tu passée ?

SD : À l’issue de mes deux ans au Studio Berçot j’ai fait un premier stage à New York en 2011 chez Proenza Schouler. C’était une période où la marque était sous les feux des projecteurs. Puis je suis rentrée à Paris pour faire un second stage en bijoux chez Louis Vuitton sous la direction de Marc Jacobs. C’était fantastique, les défilés étaient grandioses, et c’était un vrai rêve pour moi de commencer ma carrière là-bas. J’ai commencé par 6 mois de stages et ils m’ont embauché par la suite. J’y suis restée deux ans : d’abord comme assistante puis comme styliste junior. Je suis également passée par la maison Lemarié où je travaillais la broderie entre autres pour des maisons de Haute Couture. Je m’occupais à la fois de la partie créative et de la coordination entre les maisons. C’était très intéressant, j’ai adoré le caractère précieux de cette expérience. Puis, je suis retournée chez Saint Laurent faire des bijoux pour l’homme à l’époque d’Hedi Slimane. 

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Une infime partie de la collection de bijoux de Sarah

« Ce qui est chouette quand tu es designer, c’est que tu peux souvent rajouter des cordes à ton arc au fur et à mesure. »

Sarah nous montre sa collection de vêtements, ici une chemise en soie Lanvin x Babar

Olivia porte nos Bijoux - Le Choker et les Boucles Créoles - Édition No.1 "Formes Pures"

J’ai donc fait du bijou femme, homme et du bijou précieux (en vermeil, or, diamant et argent par exemple). Je suis partie travailler à Londres chez Tom Ford, où il s’agissait plus de créer des pièces pour le tapis rouge, l’accessoirisation de défilé, tout ça sans contrainte de vente. Je travaillais plus le bijou précieux et c’est aussi là que j’ai commencé à faire des lunettes.

Ensuite, je suis revenue à Paris pour faire du freelance pour Sonia Rykiel et Alexander Wang. Et puis Londres m’a de nouveau appelée pour travailler les bijoux et les lunettes homme et femme chez Burberry sous la direction de Riccardo Tisci. Le département des lunettes y est très développé : ils ont une licence chez Luxottica (probablement la plus grande sur le marché). Je suis finalement rentrée en France face aux récentes crises politique et sanitaire pour me consacrer à mon activité de freelance. Je travaille donc pour les lunettes chez Loewe qui travaille avec la licence créée par LVMH. J’avais conscience du potentiel et connaissant l’image de la marque je savais qu’il y avait un challenge pour les lunettes. Je fais aussi du consulting pour Pascale Monvoisin, une marque de bijoux plus axée joaillerie. À côté, je m’occupe aussi des bijoux chez RÉUNI !

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Comme toute designer qui se respecte, Sarah est aussi une grande cuisinière

R : Quelle est la différence entre le bijou femme et le bijou homme ?

SD : Pour l’homme, il y a moins de fantaisies, c’est plus limité et rationnel afin que le bijou soit porté. Ça se rapproche aussi du caractère précieux car je dirais qu’il faut plus de sens. Un homme va probablement avoir envie d’un bijou intemporel et certaines femmes peuvent aimer l’éphémère ou du moins la fantaisie. Pourtant, en commençant avec Hedi Slimane chez Saint Laurent, il m’arrivait de faire des bijoux assez osés pour les hommes comme des colliers de perles à la californienne. 

Nous insistons un peu pour découvrir la collection de vêtements de Sarah. Merci Sarah ! 

R : Qu’est-ce qui t'a attiré dans le bijou ?

SD : J’aime bien le côté non nécessaire. On n’a jamais vu une mannequin défiler pieds nus. Il y a une obligation pour les chaussures, alors que le bijou c’est plus de l’ordre du plaisir. On ne compte pas dessus pour faire de l’argent. Si c’est un succès, forcément que ça apporte à l’image de marque et ça reste une catégorie à laquelle les directeurs artistiques sont attachés. Il y a moins d’enjeux, mais ils se font plaisir donc il y a aussi moins de contraintes. Jusque-là, ça me plaisait de travailler plutôt pour des maisons de mode, je n’avais pas forcément envie de travailler exclusivement pour des marques de bijoux. Je découvre ça depuis peu et j’aime beaucoup cette démarche complémentaire.


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R : Quelles sont tes sources d’inspiration ?

SD : Il peut y avoir des références de bijoux mais aussi beaucoup de design d'objets ou de mobilier. J’adore les années 30, 50, la période moderniste et le Bauhaus. Ça peut être de la céramique, des mix de matières ou des pierres. Dans la joaillerie, je regarde aussi les anciennes pièces de Cartier ou Boucheron. 

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Nos Bijoux - Les Boucles Créoles, le Jonc et la Bague - Édition No.1 "Formes Pures"

« Je ne me penche pas sur ce qui se fait à l’heure actuelle. Je préfère ne pas me laisser impacter, sinon on en vient à être inspiré et submergé. »



R : C’est pourtant compliqué de ne pas regarder ce qu’il se fait à l’ère d’Instagram, comment fais-tu ?

SD : J’essaie de ne pas suivre les comptes de grandes maisons de joaillerie ou de mode. Je préfère suivre des comptes antiques ou vintage. Avec Internet, il y a tellement d’archives à contempler. J’achète beaucoup de livres, je regarde souvent les objets vintage ou même les archives de musées. Ne serait-ce qu’au Louvre, au British Muséum ou au MET, il y a des ressources complètement dingues. Même quand on regarde les bijoux réalisés par des artistes comme Picasso ou César, ça donne d’autres points de vue. Le sujet paraît inépuisable mais j’ai quand même le sentiment que l’on commence à tourner en rond après dix ans de métier. Je continue d’aller à la bibliothèque parce qu’il y a pleins de vieux livres qui ne sont plus édités et des archives de magazines. À Londres j’avais l’habitude d’aller à la bibliothèque du London College of Fashion où ils ont toutes les archives des magazines anglais des années 70, 80, 90, ce sont de vraies mines d’or !

La collection de livres d'art et de bijoux de Sarah

Olivia porte le Tee-shirt RÉUNI et le Choker - Édition No.1 "Formes Pures"

R : Qu’est-ce qui fait un bon bijou ?

SD : C’est un savant mélange de design, de qualité et de symboles pour la personne qui le porte. C’est souvent représentatif d’un moment dans la vie donc en tant que designer je n’ai pas de réponse à poser à ce sujet. Il y a plein de choses dans un bijou qui évoque des souvenirs, ça peut même être une breloque. La part personnelle joue beaucoup sur la qualité d’un bijou.


R : Quel est ton processus créatif ?

SD : Mon travail commence par un brief de mes clients sur leurs envies, le style et leurs inspirations. De ça découle très rapidement un brainstorming commun sur comment construire la collection. En général, il y a plutôt l’idée d’une pièce qui ressort, ce qui donne le ton pour décliner une collection entière par la suite. Une fois que j’ai bien compris la demande du client, je fais des recherches complémentaires d’images de mon côté. Je reviens vers lui avec une recherche plus vaste, mais plus ciblée. Après s’opère un ping-pong où je commence à dessiner différents thèmes. On détermine les pièces fortes, je re-travaille certains dessins jusqu’à ce qu’on soit satisfait du résultat.


Olivia porte nos Bijoux - La Bague et les Boucles Créoles - Édition No.1 "Formes Pures"

Dessin 3D de nos Boucles créoles


R : En général, combien y a-t-il de pièces dans une collection ?

SD : Il n’y en a pas forcément beaucoup, ça peut être un bijou seul. En moyenne, quand on décline un thème, il y a deux pièces minimum jusqu’à quatre pour une parure (une bague, un bracelet collier, des boucles d’oreilles et un pendentif). 


R : Tes recherches de formes se font-elles plutôt à la main ou par outils numériques ? 

SD : Je ne suis pas dingue du croquis à la main. Ce n’est pas ma spécialité parce qu’avec les outils d’aujourd’hui ce n’est pas le plus efficace. Je trouve que les directeurs artistiques y sont peu sensibles. On part plutôt de pièces vintage pour des détails ou des archétypes de formes, associés à des recherches iconographiques, des recherches de matières et de gabarits. Je fais des croquis à la main pour mon plan de collection personnel et afin que ce soit clair dans mon esprit. Sinon je fais beaucoup de rendus sur ordinateur pour ajouter des textures, des matières, des couleurs et rendre le bijou plus vivant. Ça passe par des outils numériques comme Photoshop, Illustrator pour définir plusieurs vues en 2D. Dans un premier temps les dessins paraissent très techniques donc pendant cette phase j’essaie d’y ajouter de la couleur pour permettre au client de se projeter.

Nos Bijoux - Le Jonc et la Bague - Édition No.1 "Formes Pures" 

Olivia porte notre Bijou - Le Jonc - Édition No.1 "Formes Pures" 

"Plus tu as de l’expérience, plus tu as un compas dans l'œil."

Une fois que le design est validé, je rajoute quelques plans techniques pour que ce soit le plus compréhensible possible pour mon fabricant. Le mieux, c’est d’aller le voir et de discuter avec. Je n’ai pas de formation de graphiste ou de designer 3D contrairement à de nombreux designers bijoux. En revanche, dans chaque usine il y a des graphistes en interne qui font des modélisations à partir de mes dessins pour avoir un rendu réaliste du produit. C’est très agréable pour le client, tout comme pour moi puisque ça me permet de faire des corrections avant de lancer la création du prototype. Ce n’était pas le cas il y a dix ans, on refaisait souvent des prototypes alors que maintenant il y a moins d’aller-retours de ce type, ce qui est un gain de temps et d’argent considérable.

Olivia porte nos Bijoux - Le Choker, la Bague et les Boucles Créoles - Édition No.1 "Formes Pures"  

Notre Bijou - Le Choker - Édition No.1 "Formes Pures"  

R : Peux-tu nous parler de la collaboration avec RÉUNI ? 

SD : Alice et Adrien étaient très clairs. La question qu’ils se sont posés au départ était : qu’est-ce que le bijou RÉUNI ? Ils avaient déjà des mots clés et des observations bien définies. Le bijou RÉUNI n’est pas anecdotique, mais c’est plutôt un bijou que l’on porte sur le long terme, avec un caractère intemporel autant par le design que par la finition. Il est éthique c’est-à-dire qu'il est fabriqué localement par des artisans dotés d’un vrai savoir-faire.


"Il n’est pas associé à un âge : on peut le porter à 20 ans comme à 60 ans, voire même le donner à sa fille ou sa petite-fille."


Olivia porte nos Bijoux - Le Choker, le Jonc et les Boucles Créoles - Édition No.1 "Formes Pures"

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Il ne subit pas les affres de l’âge ni dans la qualité ni dans le design. On est partis sur trois pistes différentes, mais l’une d’entre elles s’est très vite démarquée. L’impulsion de départ, c’était la création d'une capsule de bijoux, mais peut-être qu’à l’avenir cela donnera lieu à d’autres collections de bijoux. Toujours est-il que l’évidence de ce thème se justifiait par l’inscription de l’ADN de RÉUNI. 


R : Es-tu contente de ce design ?

SD : Oui ! Ce n’est pas facile de faire un bijou simple. C’est même ce qu’il y a de plus dur de réaliser une pièce qui donne envie quand elle est très minimaliste. Les Bijoux RÉUNI sont entièrement en laiton avec deux finitions différentes. On a l’impression que le marché est inondé de pièces minimales de ce style alors qu’en fait ce n’est pas évident de trouver un bijou avec les proportions que l’on aime.

Nos Bijoux - Le Choker - Édition No.1 "Formes Pures"

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« Je dirais que le mot d’ordre était de faire une collection de bijoux qu’on n’a pas envie d’enlever. »

J’en suis très contente parce qu’on a fait beaucoup de corrections et de réajustements. Cette exigence en valait la peine parce que le résultat est à la hauteur et j’espère qu’il donnera envie d’être porté !

Olivia porte nos Bijoux - Le Choker - Édition No.1 "Formes Pures"

R : Au début, nous voulions créer un pendentif mais il s’est transformé en choker (collier ras-de-cou). Comme quoi une envie de départ peut se transformer au fil du processus...

SD : Oui parfois en faisant, il y a des choses qui ne marchent pas. Il aurait fallu qu’on change le design de manière trop contraignante pour que le pendentif fonctionne. On était pourtant convaincus que ça allait marcher, mais il fallait modifier beaucoup d'aspects qui n’auraient pas eu de liens avec les autres pièces. Quand ça ne marche pas, il ne faut pas s’acharner. Vous avez eu une autre envie qui a fonctionné immédiatement.


R : Tu nous a conseillé de choisir Testi, un fabricant basé en Italie qui travaille avec toutes les maisons de luxe, pourquoi ce choix pour RÉUNI ?

SD : Il y a deux critères. Le premier c’est de savoir qui a la main la plus adaptée. Le design de cette collection nécessitait un fabricant assez industrialisé. Néanmoins ça reste de l’artisanat, car il y a un vrai savoir-faire. Par ailleurs, il fallait aussi être alignés en termes de prix. J’aurais pu faire appel à un fabricant moins cher mais avec une qualité moindre. Il y a aussi une question de confiance. Ce sont des gens avec qui je travaille habituellement, je connais leurs clients et donc les exigences attendues. Que ce soit pour la main, la qualité ou le prix, ces éléments faisaient sens pour produire la collection chez eux.

Plan de travail dans l'atelier de polissage chez Testi

Ouvrier polisseur dans les ateliers de Testi 

R : On a choisi du laiton galvanisé or ou argent, comment l’expliques-tu ?

SD : Le laiton est un métal non précieux qui n’est pas trop mou contrairement à l’argent. Quand on travaille sur des petites pièces, il y a moins de risques que les pièces se déforment. On aurait pu se diriger sur de l’argent ou du vermeil (argent recouvert d’or). Sur du précieux, on n’est pas sur les mêmes prix ni sur les mêmes procédés techniques pour réaliser les bijoux. On aurait eu des contraintes de poids, de réalisations tout en sachant qu’ils doivent tenir dans le temps. Parfois il vaut mieux faire un bijou avec une couche d’or moindre mais de meilleure qualité, qu’une couche d’or 24 carats et microscopique. De par le design qu’on a choisi, cela faisait sens de prendre du laiton et d’avoir un positionnement qui ne se projette pas sur une collection de bijoux précieux. 

Bain de galvanisation chez Testi. Ici, un bain de bronze. L'eau est bleuie par les particules de bronze. 

Atelier de production chez Testi

« Ça reste un bijou à manipuler avec soin, les finitions sont très belles, le savoir-faire est irréprochable. »

Le laiton galvanisé or ou argent sera plus adapté aux pièces destinées à durer dans le temps que vous proposez.



R : Quels conseils donnerais-tu pour entretenir son bijou RÉUNI ?

SD : Il y a des gestes du quotidien très simples comme ne pas faire la vaisselle avec ses bijoux, ni de les porter sous la douche quotidiennement (quelques fois ce n’est pas grave). Cela concerne la bague et le bracelet notamment avec l’usage du gel hydro-alcoolique. Il faut savoir que l’acidité de la transpiration ou le parfum peut aussi amener à abîmer le bijou. Je conseillerais d’éviter de mettre en contact les bijoux avec des produits. Même si cela arrive, le bijou ne changera pas d’aspect mais dans le temps avec la répétition il y aura une oxydation. Il existe beaucoup de produits dans le commerce. On peut appliquer de la crème avec un chiffon sur le bijou, ça fonctionne très bien. Sinon, on peut tremper le bijou dans un bain liquide spécial pendant quelques minutes et c’est très efficace. Pour ceux qui sont à Paris, on en trouve au BHV ou dans n’importe quelle quincaillerie. Dans le temps, un bijou, même précieux, aura probablement besoin d’être re-galvanisé, mais ce n’est pas un gage de mauvaise qualité. 

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Propos recueillis par RÉUNI. Crédits photos Adrien pour les ateliers de Testi et Benoit Auguste pour les photos de campagne. 

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